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LES J.O., QUELS ENJEUX POUR LE GRAND PARIS ?

 


LES J.O., QUELS ENJEUX POUR LE GRAND PARIS ?

TABLE RONDE ORGANISÉE PAR L’UNION ATRIUM
(siège d’ICADE le 8 Novembre 2017)

 Animateur : Jean-Claude BORDIGONI

Intervenants :

Ville de Paris : Céline TERRIER-LAURENS
Plaine Commune : Patrick BRAOUEZEC
Paris 2024 (Comité de Candidature) : Anthony PIQUERAS
Société du Grand Paris : Catherine BARBÉ
Caisse des Dépôts (Ile-de-France) : Marianne LOURADOUR
Plaine Commune Promotion : Francis DUBRAC

Thème de la table ronde :

Quels enjeux représentent les J.O. pendant leurs trois phases (préparation, déroulement, héritage) et quelles conséquences auront-ils sur le développement du Grand Paris ?

LA PRÉPARATION (2017-2024)

7 ans (ou plutôt 6 ans et 10 mois d’ici l’été 2024, ce qui est à la fois long et court …

 


1) LA GOUVERNANCE

Elle sera assurée par deux entités :
♦ le COJO, structure à financement privé chargée du pilotage et de la planification des J.O. Son budget sera de 3,8 Mds € couverts à concurrence de 1,5 Md € par une subvention du CIO, de 1,2 Md € par la vente de la billetterie et de 1,1 Md € par le produit du sponsoring.
♦ SOLIDEO, établissement public chargé de la livraison des équipements et de la planification de leur héritage. Son budget d’investissements de 3 Mds € sera couvert à parts égales (1,5 Md € chacun) par des financements privés et publics : le 1,5 Md € de financements publics est apporté par l’État pour 1 Md € et les collectivités locales qui se répartissent le solde de 0,5 Md € (Ville de Paris, Région, Seine Saint- Denis, Plaine Commune, …).

Des conventions bilatérales définissent les responsabilités de chacune des deux entités et une troisième structure est prévue pour concrétiser et définir les modes de gestion des projets d’héritage.
L’État a nommé un Délégué Interministériel pour assurer la coordination des actions des Ministères dans l’opération J.O.


2) LES TRANSPORTS EN COMMUN

Le Grand Paris Express avec ses 200 kms de nouvelles lignes de métro et ses 68 nouvelles gares a constitué un grand atout pour la candidature ; les J.O. seront en retour une vitrine de valorisation de la filière ferroviaire française.

Le débat a évoqué certaines craintes récemment émises dans les médias : risques de dépassements budgétaires, interrogations sur le maintien de certaines lignes (17 : Roissy-Pleyel et 18 : Orly-Versailles) et le financement de certaines connexions.
Il a permis de confirmer la réalisation des lignes de desserte des sites olympiques : les J.O. joueront donc bien leur rôle de sécurisation du planning et des dates de livraison de ces ouvrages.


3) LE VILLAGE OLYMPIQUE

Il comprendra 17 000 lits construits à Pleyel et sur l’Ile Saint-Denis : il sera conçu en Smart City.
Le débat a permis de préciser les plus apportés par cette notion de Smart City par rapport à la conception actuelle de la ville et à la notion d’éco-quartier : ville intelligente avec utilisation des TIC, mutualisation des données et des échanges (mobilité, énergies, ...), redensification en particulier près des nouvelles gares.


4) L’EMPLOI

Cet enjeu a été pris en compte dans le dossier de candidature : prévision de la création de 250 000 emplois ; adaptation de l’apprentissage et de la formation professionnelle aux nouveaux emplois créés, essentiellement dans le B.T.P., le tourisme et la communication évènementielle, mise en place d’une charte sociale.
L’ensemble des procédures et structures (GIP Emploi) de ce type avait bien fonctionné dans l’opération de construction du Stade de France.

Les PME-PMI, qui constituent le principal gisement de création d’emplois, seront attentives quant à l’obtention, avec le soutien des collectivités locales, d’une part significative (25 % au moins) des marchés de travaux et de fournitures, ces dernières étant plus adaptées à la surface économique de ces entreprises.


5) L’IMPACT SUR LA POPULATION

Il ressort du débat qu’il est indispensable que, pendant cette phase de préparation, la population s’approprie les J.O. à travers les manifestations promotionnelles, l’inclusion des valeurs du sport en milieu scolaire, la fierté d’accueillir un évènement de notoriété mondiale, la tolérance par une bonne information sur les désagréments amenés par les grands chantiers et la réponse aux demandes de volontariat et de bénévolat (plus de 20 000 postes offerts).

 

LE DÉROULEMENT (ÉTÉ 2024)


Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont le premier évènement sportif mondial pour les médias et les sponsors avec un retentissement très supérieur à celui par exemple, d’une Coupe du Monde de Football.


1) LE TOURISME

Le dossier de candidature présente des prévisions d’augmentation de la fréquentation touristique qui paraissent fortes, sachant que Paris est déjà la première destination touristique mondiale.

Pendant les J.O, la fréquentation comme le montre l’exemple des villes d’accueil antérieures, ne devrait pas augmenter : période des vacances estivales en août-septembre, effet dissuasif sur le tourisme traditionnel (capacités d’hébergement, prix, crainte du terrorisme si la situation ne s’améliore pas d’ici 2024) qui aura du mal à être compensé par le seul tourisme sportif.

Par contre, la promotion des sites olympiques et la valorisation de leur image au niveau mondial seront susceptibles de créer une attractivité génératrice d’une hausse de la fréquentation touristique dans les années suivantes.


2) LES RISQUES DE NUISANCES

Le débat illustre 2 risques de nuisances pendant l’évènement pour la population habitant ou travaillant sur les sites olympiques ou à proximité :
♦ les difficultés de circulation, qu’elle soit routière ou en transports en commun, sachant que l’accès du grand public (hors athlètes, accompagnants, officiels et VIP qui utiliseront des véhicules électriques) se fera exclusivement par transports en commun ;
♦ les contraintes de sécurité engendrant des gels de périmètres et nécessitant le recours à des itinéraires de substitution : ces contraintes qui ne dépendent pas des organisateurs seront imposées par l’État en fonction de l’appréciation des risques à l’été 2024 et peuvent donc varier jusqu’à la veille de l’évènement.


3) LE RESPECT DU BUDGET

Les exemples antérieurs montrent que le plus souvent les budgets des J.O sont largement dépassés, parfois en raison d’une sous-estimation initiale destinée à mieux se positionner par rapport aux autres villes concurrentes.

Ce risque devrait être limité à Paris pour les raisons suivantes :
a) 93 % des équipements sont déjà construits ou ressortent de budgets extérieurs comme par exemple celui du Grand Paris pour le Grand Paris Express ce qui réduit les risques de dérapage.
b) dans le budget global J.O. de 6,8 Mds €, même s’il est garanti par l’État, la part des financements publics ne représente que 1,5 Md € soit 25 %.
c) le budget de SOLIDEO intègre une réserve pour imprévus.
d) d’importants moyens de contrôle sont prévus par Paris 2024 et par l’État (audit Cour des Comptes).

 

L’HÉRITAGE (A PARTIR DE L’AUTOMNE 2024)
Automne 2024, la fête est finie : quels héritages matériels et immatériels laisseront les Jeux, susceptibles de répondre aux enjeux du Grand Paris ?


1) UNE CONTRIBUTION A LA RÉUNIFICATION DE LA PLAINE SAINT-DENIS

Aujourd’hui le secteur Ouest de la Plaine (quartier Pleyel avec son prolongement sur l’Ile Saint-Denis) est coupé de la partie centrale.
L’effet conjugué du Grand Paris et des J.O va permettre de supprimer cette coupure : * franchissement du réseau ferré Paris Nord par un pont habité ;
* nouvel échangeur et mur antibruit sur A 86 ;
* passerelle sur la Seine entre Pleyel et l’Ile Saint-Denis ;
* surtout gare Saint-Denis Pleyel, la plus importante du Grand Paris Express (1 RER, 4 lignes de métro : 250 000 passagers /an), porte d’entrée Nord de la Métropole.


2) UNE ACCÉLÉRATION DU DÉVELOPPEMENT DE LA SEINE SAINT-DENIS OUEST (ET PLUS PARTICULIEREMENT DE LA PLAINE)

Amélioration de l’image valorisant l’attractivité des sites, comme l’avait fait l’implantation du Stade de France à l’époque qui a lancé le développement de la Plaine.

Accélération de la création de nouveaux quartiers autour de la nouvelle gare de Saint- Denis Pleyel, sur le site du village olympique et à la place du village des médias à Dugny-Le Bourget.

Outre les nouvelles gares du Grand Paris Express, apport de nouveaux équipements au profit des populations tel que le Centre Aquatique Olympique, face au Stade de France : à l’issue des Jeux il conservera 2 de ses 3 bassins et une capacité en tribunes ramenée de 15 000 à 2 500 places.

Socialement ce développement, qui risque de s’accompagner d’une augmentation des prix de l’immobilier, devra veiller à maintenir sur ces sites une mixité des populations résidentes en évitant de repousser plus au Nord la population la plus en difficultés.


3) D’UN VILLAGE OLYMPIQUE A UN VÉRITABLE QUARTIER DE VILLE

Cette réversibilité d’un hébergement sportif, à partir des contraintes imposées par le CIO, à des logements banalisés pose des problèmes techniques, même si elle a été prévue au départ, ce qui est le cas dans le dossier de Paris : ces problèmes sont accrus si la réversibilité vise à transformer l’hébergement sportif en bureaux (sauf peut-être en rez-de-chaussée des immeubles où cette affectation est prévue dans le village).

La réversibilité pose également un problème économique : à la fin des J.O. sera brutalement mise sur le marché une offre disponible équivalente à 2 200 logements classiques, 900 logements résidentiels et 100 000 m² de bureaux.
Sachant que cette offre s’ajoutera à celle des autres secteurs de la région parisienne, il paraît probable que la demande ne pourra l’absorber que sur plusieurs années : d’où des risques de logements ou de bureaux temporairement vides qu’il faudra porter financièrement et de retard dans l’ouverture des commerces et de certains services qui ne s’installeront qu’à partir d’un taux de remplissage conséquent du quartier.

Paris 2024 avec les collectivités locales concernées travaille sur cette problématique.


4) QUID DE L’ESPRIT DES J.O. APRES 2024 ?

Les actions lancées durant la phase de préparation devront se poursuivre après les J.O. :
♦ développement du sport au quotidien auprès des scolaires et du grand public en affirmant ses valeurs : santé, bien-être, solidarité, éducation ;
♦ affirmation du sport de proximité en tant que culture : l’implantation de la restauration du village olympique dans la Cité du Cinéma a valeur de symbole sur ce point … ;
♦ promotion de la rénovation et d’une ouverture plus large des équipements sportifs de proximité, en particulier scolaires aux heures où ils ne sont pas occupés : à signaler que 1 500 équipements sportifs existent dans les quartiers des nouvelles gares du Grand Paris Express qui devraient en faciliter l’accès.


5) QUELLE RÉPONSE AUX ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ?

Le développement durable, déjà largement pris en compte par le Grand Paris Express, constitue l’ADN de la candidature élaborée en partenariat avec WWF pour des Jeux responsables et innovants.

Les Jeux de Paris prévoient une réduction de l’emprise carbone de 55 % par rapport à ceux de Londres en 2012 et de Rio en 2016, et seront alignés sur l’accord de Paris (COP 21).

Quelques exemples d’actions dans ce domaine :
♦ le recours massif aux transports en commun ferroviaires ou par bus 100 % propres : de même l’accès en France par trains plutôt que par avions sera privilégié chaque fois qu’il constituera une alternative crédible ;
♦ des pratiques sportives individuelles seront encouragées : zones de baignade dans la Seine, vélo (doublement des pistes cyclables), marche (itinéraires découverte) ;
♦ la compensation des espaces imperméabilisés par de nouvelles zones vertes ou paysagères sera totale, avec même un excédent global de 8 Ha ;
♦ le recours à l’alimentation bio sera privilégié ;
♦ les matériaux de construction seront bio-sourcés ;
♦ l’énergie verte sera favorisée (par exemple, projet de panneaux solaires sur la toiture du Stade de France pour la desserte en énergie du Centre Aquatique Olympique voisin : arrosages avec des eaux non potables de récupération) etc, …

 

CONCLUSION
« Les Jeux Olympiques ne rendent pas nécessairement plus riches, mais ils rendent heureux ».

Cette pensée de l’économiste britannique Richard STONE témoigne de l’état d’esprit optimiste qui a marqué les échanges au cours de la table ronde et dont on souhaite qu’il perdure durant la préparation de cette grande fête mondiale du sport que la France aura l’honneur d’accueillir en 2024.


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JCB 11/11/2017

 

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